Archive de la catégorie ‘Musique’

Winterreise

Jeudi 20 novembre 2008

On sollicite mon (humble) avis sur une version du ‘Voyage d’hiver’ de F.Schubert. C’est une oeuvre qui séduit moins, d’emblée, que son « Schwanengesang ».
J’ai écouté la version de Hanz Hotter et G. Moore : elle correspond à une esthétique de la voix , dans sa forme et dans la traduction des émotions, datée. Cruel ? La sincérité et l’émotion ont des codes propres à chaque époque.

Par contre celle de nos deux compères Fischer-Dieskau&Moore tient admirablement la route.

Mais une autre me semble également lumineuse avec Thomas Hampson et Wolfgang Sawallisch. Oui , vraiment , extraordinaire qualité musicale du piano , de la voix , et communion des deux , chaque nuance musicale possible étant ‘offerte’ .

Je donne Ségolène perdante. Hamon choisira sa reine.

Elvis

Lundi 17 novembre 2008

N’étant plus depuis les grèves de 1995 électeur socialiste (mais je revendique ma liberté sur d’hypothétiques futures exceptions) ,  ou militant de la doctrine et la pratique socialiste telle qu’elle s’incarne de façon officielle, mon avis est largement superfétatoire . De plus , à la réflexion , je me demande si ma faiblesse coupable pour cette mode idéologique ne repose pas sur un profond quipropos  : je crois finalement plus à la liberté qu’ à l’ Etat, même si je lui concède une majuscule  car sans lui rien ne peut s’organiser.  Et je crois que derrière le renard du poulailler il y a aussi le loup, bien plus terrible lorsqu’il met son masque de berger.

Bref , juste pour livrer mon impression sur la chute de Reims (la saillie n’est pas de moi-cherchez-)  – mon cd arrive à la sonate K511 avec Brendel au clavier , un must , à se mettre à genoux et pleurer – , où le dévoiement de la parole donnée, du respect des règles du jeu , du primat des idées ,  sont foulés au pied sans vergogne.

Pauvres ‘socialistes’ petits bras , s’imaginant que le réalisme politicien consiste à toujours céder à la tentation de démolir systématiquement ce qui vient d’en face ,  à considérer comme anomalie démocratique à biaiser et contourner tout scrutin défavorable, et à ne jamais faire l’effort de distinguer la bonne volonté de la défense d’intérêt corporatiste.

N’allez pas croire que les autres ‘camps’ soient nettement mieux , surtout celui qu’on place à ‘droite’ , mais enfin il est plus clair même dans ses zones obscures , et surtout moins gluant.

Brendel grognasse un peu en interprétant la K511 . Comme Gould.  C’est un peu chiant. Mais ça donne beaucoup d’humanité à l’ivoire et à l’ébène. Et ramène les choses à leur origine. Tiens, le cd est terminé et je bascule sur Elvis.  Surprenante transition  ?  Oui, mais la bonne période , 1956/62.

 

Andreas Scholl, « Ombra Mai Fu » , « Stabat Mater »

Dimanche 9 novembre 2008

Andrea scholl est un contre-ténor allemand exceptionnel, révélé au grand public en 1993 . Chaque voix étant un petit voyage, dire qu’il est « LE’ contre-ténor est ridicule. Mais il est vrai qu’il a, sur certains albums, atteint un niveau de musicalité, de sensibilité ou d’expression lui permettant de porter, sans aucune compromission, la musique, vers un au delà.

Les connaisseurs semblent très émoustillés par la production entre 1990 et le début des années 2000 où sa voix savait avoir une fraîcheur , une innocence , une facilité lumineuse au service du sens ,  inégalées . 
Ses qualités éclatent dans un discret CD intitulé ‘Ombra Mai Fu’ consacré à des arias de Haendel (Compositeur un peu coincé entre Vivaldi , Bach … et son propre monumentalisme , mais c’est une autre histoire) , à mi chemin entre le dépouillement recueilli de son répertoire renaissance-pré-baroque et les acrobaties du baroque flamboyant. On adore .

Une autre facette de A. Scholl s’exprime dans cette version stratosphérique du Stabat Mater de Vivaldi , dirigé par Chiara Banchini, où la force de l’expressivité et la pureté du recueillement vous feront pleurer de bonheur . Il est vrai que Vivaldi est à son meilleur … comme souvent . Commencez donc par cette oeuvre à triple plaisir, pour la cas où vous ne connaîtriez pas.

Le Chant du cygne , F. Schubert.

Mardi 4 novembre 2008

Taper ‘Schwanengesang’ et Fischer-Dieskau’ mettez donc le CD dans votre panier. Vous ne le regretterez pas.

Franz Schubert a donné des lettres de noblesse à la forme musicale du lied avec trois cycles : « La belle meunière » , le sombre « Voyage d’hiver » et le « Schwanengesang ».

Ce dernier, recueil bricolé par son éditeur sans unité thématique et baptisé bêtement ‘Chant du cygne’ puisque posthume, est magistral et varié . La version de Dietrich Fischer-Dieskau et Gérald Moore est éblouissante d’ampleur et de retenu, de simplicité et de finesse, de clarté et d’expression , et d’évidence , quels que soient vos goûts musicaux.